Enigmes...

Publié le par Kilgore

Aucune idée de la raison pour laquelle ces questions me sont soudain revenues, tant  la pensée est un mécanisme insaisissable, tout en ressassement et coq-à-l'âne. Donc. 

Petite énigme d'abord. Que devient Barry Pepper ? Le mec émacié (un genre de nouveau James Coburn ? faut pas s'enflammer) qui montait irrésistiblement, soudain disparu des écrans radar ? Réponse : il tourne, certes, mais pour un type qu’on voyait gros comme un camion truster les emplois de " jeunes gueules " il y a trois quatre ans, et qui restait sur une très bonne série (La 25ème heure, Trois enterrements et Mémoires de nos pères), on espérait mieux, et plus vite… Mauvais choix, mauvais agent, mauvais caractère, mauvais karma ? Qui sait, dommage en tout cas qu'il se fasse si discret. Il faudra un jour faire le compte de ces types qui se perdent en route, sans qu'on parvienne totalement à identifier ce qui (n')a (pas) fait la différence - bon, disons qu'il y en a aussi pour qui c'est assez peu une énigme, et que Pepper n'a pas encore 40 ans...


L’énigme du siècle dernier, ensuite. Elle ne date donc pas d’aujourd’hui, mais régulièrement elle fait retour (en suivant dans mon cas et ici le cheminement suivant : Barry Pepper > 25ème heure > Spike Lee > New York > Scorsese > Ritalo-américain > Pacino > d’où... ) Si quelqu’un peut me donner la(/les) véritable(s) raison(s) pour la(/les)quelle(s) Pacino n’a jamais bossé pour Scorsese,  je suis preneur (et svp pas toutes ces histoires à la con qu’on m’a déjà servies, hein, problème d’agenda, on aurait bien aimé mais ça n’a pas pu se faire, les rôles collaient pas - je t'en trouve un par film de Scorsese qui aurait fait l'affaire -, pouvais pas j'avais foot/soirée pasta chez mama/un renversement d'alliance à préparer pour la prochaine guerre européenne etc… Je veux du lourd, de l’historique, et des preuves). La ringrazio in anticipo.

Publié dans Intempestif

Commenter cet article

Apone 14/12/2009 19:01


Je pense effectivement que c'est malgré eux qu'ils n'ont jamais bossé ensemble. J'ai lu des interviews de Pacino ou il citait spontanément Scorsese en premier lorsqu'on lui demandait avec quel
réalisateur il aimerait tourner. Idem pour Scorsese (en cherchant: http://www.nytimes.com/1997/11/16/magazine/the-two-hollywoods-the-directors-woody-allen-martin-scorsese.html?pagewanted=6).

PS: je ne pense pas que tu puisses proposer les mêmes rôles à Pesci ou Keitel et à Pacino: on parle de AL PACINO, là, nom d'une pipe! Par exemple, je ne vois pas une seconde Pacino dans les rôles
de Pesci, que ce soit dans CASINO ou LES AFFRANCHIS. C'est la même race que les DeNiro ou Day-Lewis: dans ce genre de film, tu en mets un de cette trempe, pas deux. Ou alors tu fais un film qui
s'appuie dès le départ sur un concept de dualité, buddy movie ou autre, avec deux rôles forts et équilibrés (HEAT, au hasard...); mais je n'en vois aucun dans la filmo de Scorsese qui puisse
correspondre.

PS: la référence aux origines de Pacino était plutôt une blague :-)


Kilgore 18/12/2009 18:24


Ce que tu dis me paraît juste (difficile d'empiler les très grands, même si c'est finalement arrivé souvent dans l'histoire du cinéma que plusieurs grands se côtoient à l'affiche sans que les rôles
soient équilibrés, et que Scorsese n'a pas fait que des films centrés sur un personnage - La Valse des pantins, Les Nerfs à vif, par exemple, fonctionnent sur des duos, même si là aussi on peut
discuter de l'équilibre).

Mais je n'affirmais pas que Pesci (ou Keitel) aurait pu être remplacé par Pacino, surtout après qu'on l'a vu s'imposer de telle manière dans ses rôles. De toute façon, dès qu'un acteur s'impose
dans un rôle, il devient difficile d'en imaginer un autre à sa place.
Bref, ce que je voulais dire dans ma première réponse, c'est que Scorsese a toujours laissé suffisamment de place pour qu'existent véritablement d'autres personnages que ceux de DeNiro.


Apone 11/12/2009 11:48


1ère énigme: je m'interroge également sur la "Malédiction des Oscars". Démonstration:
- Helen Hunt, Oscar de la Meilleur actrice en 1997 pour "Pour le Pire et pour le meilleur"; depuis: nada;
- Cuba Gooding Jr, Oscar du Meilleur second rôle (1997, "Jerry Maguire"); depuis: que dalle;
- Halle Berry, Oscar 2002 pour "A l'ombre de la haine"; disparue des radars depuis;
- Gwyneth Paltrow, Oscar 1999 pour "Shakespeare in Love" (si si, rappelez-vous, le film aux SEPT Oscars!): M.I.A. depuis;
- Roberto Benigni, premier non anglophone à recevoir l'Oscar du Meilleur acteur en 1999 pour "La Vie est belle"; tombé au champ d'honneur.

... et dans une moindre mesure:

- Kevin Spacey, double Oscarisé en 1996 et 2000, qui sortait d'une série impressionnante ("LA Confidential", "Usual Suspects", "Swimming with Sharks", "American Beauty", "Négociateur", "Minuit dans
le jardin...", etc.) et qui a interprété depuis l'inoubliable Prot de "K-Pax", ou Lex Luthor...
- Nicole Kidman, Oscar 2003 pour "The Hours"... et début de la fin de sa carrière
- Renée Zellweger: Oscar de l'accent sudiste le plus ridicule en 2004 pour "Retour à Cold Moutain"; avant: "Jerry Maguire", "Chicago", "Bridget Jones", "Fous d'Irène"... Après: "Miss Potter", "Bee
Movie"...
- Geoffrey Rush: Oscar 1997 pour "Shine"; depuis, à part les "Pirates", franchement...


Seconde énigme: Pacino avait été contacté pour "Mean Streets", par l'intermédiaire de Coppola, mais il avait refusé, voire jamais répondu selon les versions (à l'époque, "Le Parrain" venait de
faire de lui une star). De là à en faire la seule explication, il y a certes un pas, mais ce genre de petite vexation peut durablement marquer un jeune réalisateur mégalo, à mon avis...

Par la suite, on peut imaginer que l'alliance DeNiro/Scorsese laissait difficilement la place à un 3ème larron (d'autant que Pacino est du Bronx, alors que DeNiro et Scorsese sont de Little Italy -
et ça, ça compte).


Apone


Kilgore 13/12/2009 00:35


J'avais entendu circuler cette histoire au sujet de Mean Streets, pour avoir déjà cherché à comprendre. ça peut jouer, mais j'imagine aussi que s'il n'y a pas eu de véritable clash, c'était
pas insurmontable, dans ce milieu ils doivent avoir l'habitude de prendre sur eux assez souvent. Cela dit c'est toujours bon de rappeler que Scorsese était assez chien fou (et camé) dans ces
années-là, aujourd'hui qu'il ressemble à bouddha question zen. Peut-être que vexé il n'a rien reproposé ensuite à Pacino, l'autre a pensé que Marty ne voulait pas de lui (et qu'il n'en avait
pas besoin, vu ceux avec qui il bossait), etc... etc... Effectivement, parfois il peut suffire d'une occasion manquée. Peut-être qu'il n'y a aucune énigme en vérité, rien que de très
ordinaire (putain que c'est décevant, tu cherches le graal, tu penses le trouver, et dessous il est écrit made in Taïwan...)

En revanche, malgré DeNiro, je pense qu'il y a toujours eu la place pour d'autres dans les films de Scorsese (Keitel, Pesci,... et puis récemment encore Pacino aurait très bien pu prendre la
place d'un Nicholson ou d'un Sheen dans The Departed). Evidemment Pacino c'est plutôt le genre à ne prendre que des premiers rôles (pas un tempérament facile non plus). Concernant le
truc des boroughs, ça compte que DeNiro et Scorsese aient grandi dans le même coin, maintenant imaginer qu'ils ostracisent pour cela le rital du Bronx, je suis pas totalement convaincu, je dois
t'avouer (la solidarité italo-américaine est plus vaste que ça, même si entre siciliens, calabrais et autres ça se tire dans les pattes plus ou moins gentiment).